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Il y a souvent des souvenirs, voire des histoires attachées à nos ouvrages : il y a les coussins de mariage, les carnets de santé des petits, cet ouvrage qu'on a brodé à l'hôpital ou pour une occasion précise, et celui qui rappelle des vacances ou des rencontres....

Au festival du boutis aussi j'en ai entendu des "histoires de boutis".

Il y avait celui brodé par une vieille dame de 92 ans,  les vêtements de baptême, les arbres de vie brodés pour chacun des trois enfants...

un très beau dessus de lit, cadeau de mariage.... des heures et des heures de travail mais le mariage a duré moins longtemps que le boutis

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J'ai pu admirer ce coussin et la dame m'a raconté son histoire : en faisant de la randonnée, elle a eu l'occasion de pénétrer dans un château apparemment non ouvert au public. Elle y a admiré une très belle grille, qu'elle a photographiée.

Et c'est cette grille qu'elle a transformée en boutis, avec une douzaine d'heures rien que pour reproduire le dessin

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Et puis cet ouvrage de belle taille, qui date de 1830

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Le dessin a été reproduit sur la toile, et l'ouvrage non brodé. oublié ? abandonné ?

La toile dessinée a été vendue, l'ouvrage commencé, et abandonné à nouveau.

Passé de mains en mains, il a finalement été racheté par quelqu'un qui a absolument voulu le terminer.

Peut-être 150 ans entre le dessin et l'ouvrage terminé.

Et moi qui culpabilise quand je retrouve au fond d'un panier un ouvrage commencé il y a.......... disons quelques mois.

Et puis sur la scène, derrière le stand  de France Boutis, il y a LA pièce rare, unique.

J'aurais tant voulu vous la montrer mais ses dimensions ne permettaient pas de faire une photo présentable.

De loin, ce n'était qu'un grand linge blanc.

Imaginez : un ouvrage d'une seule pièce qui mesure 2,60m sur 2,60m.

De près, une merveille comportant en plus du boutis, un nombre importants de points de broderie, dont des petits points de noeuds pas plus gros qu'une tête d'épingle

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Ses dimensions sont déjà impressionnantes, mais moins que son histoire.

Il faut savoir que cette merveille, dans un état de conservation exceptionnel, date de 1720. Oui pas d'erreur de frappe, je dis bien 1720.

J'ai entendu près de l'ouvrage, qu'il aurait été brodé dans un monastère. En fait j'ai acheté sur place un petit livret explicatif qui dit que ce sont les Clarisses de Verone qui l'ont donné à un groupe italien de recherche sur l'art et l'histoire de leur pays.

Ces religieuses l'auraient reçu en cadeau d'une duchesse (Maddalena Trezza) en échange de prières pour sa famille et pour son fils tué à Acapulco.

Suivant l'idée de Marie, je suis passée derrière l'ouvrage, pour bénéficier de l'éclairage et le voir en transparence.

Impressionnant !

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Il y en a eu des yeux fixés sur cette merveille, des appareils photos pour capter les détails, des questionnements sur les conditions de réalisation d'une telle pièce.

1720.... pas d'électricité, pas de loupe, pas de lunettes.....

çà semble impossible, irréalisable, et pourtant l'ouvrage est là, impressionnant, MAGNIFIQUE !

Venu pour y être expertisé, il n'a fait qu'un passage en France et c'est une immense chance d'avoir pu l'admirer.

Il va retourner en Italie, pour être exposé à Verone, qu'il ne quittera normalement plus.

Pour terminer cette petite série de reportages et ces belles histoires, une ou plutôt deux belles rencontres.

J'ai revu à Caissargues Marie Sylvestre, son jupon de mariée et ses magnifiques ouvrages et j'ai aussi retrouvé Marie-José, la présidente du club de Cabannes.

Je n'oublierai jamais que c'est dans une exposition de son club, lors de l'un de mes premiers séjours en Provence que j'ai découvert le boutis.

Je ne leur ai pas demandé l'autorisation, mais je pense qu'elles ne m'en voudront pas de mettre ici la photo de nous trois, gentiment prise par une visiteuse.

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Deux belles journées, des ouvrages magnifiques, de belles histoires, de belles rencontres, le salon du boutis de Caissargues, ce n'est pour moi que du bonheur.

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