Solidarité
Au départ, l'équation n'était pas simple : il nous fallait quitter la maison pour près de 2 mois.
çà veut dire vider la maison et stocker nos meubles donc camion de déménagement, des bras, et un lieu de stockage sachant qu'on hésite pas à louer un box 200 € par mois. Sécurisé, ok mais néanmoins 200 €
IL fallait nous loger avec nos contraintes. Fiston qui vit avec nous a un chien, pas un chien de poche, un grand chien qui a l'habitude d'entrer et sortir à sa guise dans le jardin.
Et fiston commence son boulot le matin à 4h30, donc ne pas partir trop loin pour ne pas lui imposer trop de trajet, ce qui lui demanderait de se lever encore plus tôt.
Et puis il vaut mieux ne pas partir trop loin pour pouvoir aller régulièrement suivre l'avancée des travaux.
Trouver un logement en ville, avec un jardin et pour deux mois.... c'est mission quasi impossible (et onéreuse).
C'est là qu'interviennent la solidarité et la générosité.
Le voisin : je ne le connais quasiment pas. Il est venu se présenter quand il a acheté sa maison il y a quelques mois mais je l'aurais rencontré dans la rue je ne l'aurai pas reconnu. Il vit seul.
Et puis cet été, il a fait un malaise, s'est senti partir et a eu juste le temps d'appuyer sur le dernier appel de son téléphone. C'était celui de Nicolas, son voisin de droite. Mais Nicolas était au boulot. Comme il connait bien fiston il lui a demandé d'aller voir ce qui se passait. C'est donc Arnaud, suivi de M. Quaquie qui est allé l'aider et a appelé les secours. Ils ont échangé leurs numéros de téléphone.
Il a un grand garage quasiment vide ; il a fait du rangement pour le libérer et l'a mis à notre disposition. Juste de l'autre côté de la route. Pas besoin de box, ni de camion, l'estafette de petit fils et les bras de la famille ont suffit ce week-end pour déménager.
Arnaud a trouvé un logement à Montauban, mis gratuitement à sa disposition par un copain. Il lui a fallu prendre un abonnement pour un parking de la ville mais pourra aller travailler à pied, en 20 mn de marche au lieu des 20 mn de voiture actuelles.
Le hic, il ne peut pas prendre le chien...

La voisine (à gauche du voisin au garage) : elle, je la connais depuis plus de 30 ans. Mais je ne m'occupe pas de ce qui se passe chez les voisins. On se dit bonjour, papotons quelques minutes à l'occasion, de tout et de rien et çà ne va en général pas plus loin. Je ne suis pas leurs allers et venues et suis bien incapable de dire s'ils sont chez eux ou pas.
Au moment du confinement, elle a traversé la route pour nous proposer de nous prêter le journal auquel elle est abonnée. çà fait 3 ans, et çà dure toujours.
Quand elle et son mari ont lu le journal, elle le dépose sur la table sur la terrasse, sans sonner, sans déranger. Elle y ajoute au moins une fois par semaine une boite d'œufs de ses poules. Histoire sans paroles, on repose le journal lu et la boite d'oeufs vide sur la table et elle les reprend le lendemain. Mais cette voisine fait des petits gâteaux pour ses chiens. Et chaque jour, avec le journal, il y a deux petits gâteaux pour Nesta. De ce fait, il la connaît bien et l'attend souvent le matin. On l'a même parfois surpris l'attendant devant son portail après avoir traversé la route.
Elle l'a déjà gardé. C'est son "centre de loisirs". Elle va le garder la nuit pour le moment et il passera la journée à la maison avec nous tant que nous y serons. Ensuite nous irons, fiston ou nous, passer un moment avec lui tous les soirs en allant voir les travaux.
Il restait à nous loger tous les deux. Il y a plusieurs semaines déjà, une de mes bénévoles m'a proposé un petit appartement qu'elle a aménagé au-dessus de sa maison et qu'elle louait après le décès de son mari pour ne pas être seule dans la maison. Elle craignait que le fait que ce soit à l'étage soit un problème pour M. Quaquie.
Nous avons longtemps cherché une solution mais ce que nous trouvions était souvent trop loin ou trop cher. Et les propriétaires de petits logements en ville préféraient les garder pour les louer à l'année à des étudiants ou de jeunes travailleurs. Octobre et novembre, c'était pas intéressant.
Alors on a accepté la proposition de Claudie et hier soir on arrivait chez elle, au premier étage d'une jolie maison, dans un quartier résidentiel de Montauban, avec entrée indépendante
Le lit était fait, le linge de toilette sorti dans la salle de bain. Dans le placard du café et du thé, du beurre, du jus d'orange et des figues dans le frigo. Elle nous a même fait un stock de lessive et produits d'entretien....
çà fait chaud au coeur de constater que la solidarité existe vraiment et de se trouver au milieu d'une telle chaine de générosité.



